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Contemplation

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bente bledi

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L'Algérie en 50 mots-clés

 
 
puce
L'Algérie en 50 mots-clés
Belle étoile
S'il y a un pays où faire l'expérience de dormir sous les étoiles – dans une chambre 1 000 étoiles comme on vous dira ! –, c'est bien en Algérie. Que vous soyiez dans le désert, chez des amis, dans un hôtel ou un campement saharien, les nuits y sont inoubliables et souvent bien plus confortables que dans une chambre étouffante. Rien de mieux en effet que de s'endormir sous le dais de la Voie lactée bercé par les sons étouffés du campement ou du village. Toutes les maisons et les hôtels, sauf les hôtels "de standing", sont dotés d'une terrasse et dans le désert on a l'embarras du choix pour dérouler son sac de couchage, de préférence à l'abri du vent. Se méfier également des moustiques, nombreux dès qu'il y a de l'eau.

Bled
Le "pays". Celui où l'on vit ou celui qu'on a quitté, y revenant si possible au moins une fois par an, malgré la "conjoncture".

Casbah
Centre le plus ancien des villes, celle d'Alger est classée au patrimoine mondial de l'Unesco des monuments historiques. Pourtant, elle a bien failli disparaître. Du moins, est-ce ce qu'on a cru jusqu'à l'année dernière tant la vétusté l'avait abîmée… Elle tombait littéralement en ruine, comme le montraient les nombreux titres de journaux concernant des effondrements d'immeubles. Grâce aux associations de défense de la Casbah, au retour – même timide – des touristes ou peut-être grâce à l'organisation de réunions internationales qui demandaient qu'Alger montre meilleure figure, des travaux ont enfin commencé en 2004. Les bâtisses sont consolidées, les murs chaulés, les ferronneries repeintes et les ruelles repavées…

Chameau
A l'école, vous avez appris que le vaisseau du désert s'appelle "dromadaire" quand il a une bosse, "chameau" quand il en a deux. Et bien, il vous faudra oublier tout ça. En Algérie, tout le monde parle de chameau à propos de bestiaux qui n'ont qu'une bosse.
Le chameau, donc, est l'animal emblématique de la survie dans le Sahara et du commerce des grandes caravanes nomades arabes, maures ou touarègues jusqu'à son remplacement par les véhicules 4x4. Il est élevé autant pour le transport des marchandises (historiquement dattes, sel, or…) et du nécessaire du campement que pour le lait de chamelle qui fournit l'essentiel des protéines de l'alimentation des nomades. Pour les grandes occasions, on égorge un chameau pour sa viande. S'ils sont de moins en moins nombreux, il existe encore quelques éleveurs nomades. Les méharées (de l'arabe mehari, "chameau de monte") peuvent être un moyen pour le voyageur de les rencontrer et pour eux de se procurer un revenu d'appoint fort utile à la perpétuation de leur mode de vie. Mais n'envisagez pas de périple trop long à dos de chameau ou d'âne : nos fessiers n'ont pas l'habitude et souffrent terriblement dans cette situation. Quant au mal de mer dont on souffrirait, il serait dû à de mauvaises habitudes cavalières.

Cinq
Chiffre porte-bonheur un peu partout dans le monde, on retrouve le chiffre 5 (khemsa) au travers des cinq piliers de la religion et des cinq prières quotidiennes et se montre dans la main ou le CD orné de versets du Coran pendu au rétroviseur de la voiture.

Couchers de soleil
Toujours magiques, surtout quand ils s'accompagnent de l'appel à la quatrième prière, à l'heure où la première étoile apparaît dans le ciel violet… C'est un instant qu'il faut savoir apprécier, d'une grande quiétude, même dans le centre d'une grande ville, à condition cependant que les haut-parleurs de la mosquée la plus proche ne soient pas réglés au maximum !

Couscous
Une étude menée il y a quelques années en France avait fait ressortir que le couscous était le plat préféré des Français, avant le steak frites ! Mais comment ne pas aimer ce plat qui, avec ou sans viande, prend tous les goûts du salé, voire très relevé, au sucré…

Désertification
La Terre se trouve actuellement dans une période de réchauffement climatique consécutive à des cycles naturels normaux et à des interventions de l'homme. La désertification est la conséquence des uns et des autres. Ne pouvant influer sur les cycles naturels, la Terre s'en étant plutôt bien accommodée depuis sa naissance il y a environ 5 milliards d'années, il convient de s'interroger sur l'influence de l'homme. Cette prise de conscience est récente puisque le terme de désertification date de 1949. La désertification en Afrique touche plusieurs zones. Elle se manifeste par la raréfaction puis la disparition des arbres et arbustes qui empêchent le désert d'avancer. Un pâturage trop intensif et surtout une consommation excessive de bois pour cuire les aliments sont à l'origine de la destruction du couvert végétal.
Paradoxalement, une irrigation mal contrôlée peut également concourir à faire reculer les terres fertiles. En effet, si la concentration de sel est trop importante dans l'eau qui draine les terres nouvellement conquises sur le désert, notamment mais pas uniquement près de l'embouchure d'un fleuve, l'importante évaporation due à la chaleur fixera le sel dans le sol. La conséquence en est, à terme, l'appauvrissement des récoltes dans le meilleur des cas, voire la disparition de toute végétation s'accommodant mal d'une trop forte salinité.
Mais le processus n'est pas irréversible comme on le constate actuellement et on apprend vite que désert ne signifie pas stérile. En effet, depuis quelques années, les pluies beaucoup plus fréquentes entretiennent une pâture qui survit toute l'année et on voit quelques plantes "tenir" dans une région qu'on a toujours imaginée… déserte.

Football
Sport national et sport de LA star internationale… Oui, Zinedine Zidane, dit Zizou, bien que né à Marseille est incontestablement d'origine kabyle, donc algérienne.

Gourbi
A l'origine, le gourbi était la petite maison sommaire des campagnes algériennes, presque une cabane. Aujourd'hui, la forte migration rurale vers les villes industrielles du nord souffrant déjà d'un fort taux de chômage a engendré l'apparition de nombreux bidonvilles, ou gourbis, où s'entassent des familles parfois nombreuses dans des abris d'une ou deux pièces. Le confort y est très sommaire et les installations sanitaires ou électriques rudimentaires relevant plus de la débrouille – on se raccorde comme on peut au réseau.

Guides
Indispensables dans le Sud où on ne peut plus circuler seul depuis les enlèvements de 2003 et sur quelques sites du Nord où ils seront souvent votre laissez-passer. Les guides connaissent très bien le désert et vos besoins, laissez-les faire ! A condition bien sûr d'avoir choisi le bon ce qui ne manquera pas de vous arriver en consultant ce Petit Futé.

Hadj/Hadja
Traditionnellement, le hadj est celui qui a déjà accompli au moins une fois dans sa vie le long voyage que tout fidèle musulman doit effectuer à La Mecque et à Médine, dans la lointaine Arabie saoudite. Ce pèlerinage, s'il est effectivement imposé par Mahomet lui-même, ne concerne cependant que ceux qui sont en état physique de le faire et capables de subvenir aux besoins de leur famille durant leur absence. Autant dire que cela ne touche pas la totalité de la population. L'appellation de "hadj" ou "hadja" pour les femmes est une marque de respect et de révérence accordée à ces fidèles exemplaires.

Hammam
Le hammam possède une fonction sociale importante. On s'y rend pour se laver, mais aussi pour rencontrer ses semblables et bavarder. Souvent situé à proximité des mosquées, il représente encore la purification indispensable avant la prière collective. Selon les heures de la journée, le hammam est strictement réservé aux hommes ou aux femmes. Prenez garde à l'hygiène : les critères de propreté n'y sont pas forcément les mêmes qu'en France. Si des amis vous proposent d'y aller, n'hésitez pas… Pour réussir un bon "bain maure", vous devez vous procurer du savon noir, appelé localement savon beldi (en vente dans les hammams), ainsi que le fameux gant el-kiss, fait de toile noire râpeuse et bordé d'un élastique. Frottez énergiquement votre corps, de la tête aux pieds, à l'aide de ce gant préalablement mouillé à l'eau chaude (vous pouvez aussi vous faire masser par les spécialistes mais peaux sensibles s'abstenir !). Ce traitement, un véritable gommage, débarrassera votre corps de toutes les peaux mortes. Après un passage par le "sauna" qui peut être éprouvant, les femmes ont l'habitude de s'enduire le corps d'une préparation à base de henné et de jus de citron qui fait la peau douce et ambrée – mieux qu'un autobronzant ! Terminez par une revigorante douche froide, un massage aux huiles et un bon thé dans la salle de repos où il est bon de traîner après ce traitement épuisant !

Harkis
Le mot vient de harka, "mouvement" ou "milice", et désigne les supplétifs musulmans de l'armée française. Si les tirailleurs ou les spahis algériens avaient participé aux batailles menées par la France dans les tranchées boueuses de la Première Guerre mondiale, lors de la libération de la France en 1944 comme à Monte Cassino ou pendant la guerre d'Indochine, et qu'ils avaient participé aux "opérations de maintien de l'ordre" dans leur pays, les harkis étaient recrutés pour lutter contre les actions de l'ALN dans les campagnes. A la fin de la guerre d'Indépendance, même si quelques-uns ont pu retrouver une place dans la société jusqu'à occuper des postes dans l'administration, nombre d'entre eux se sont pourtant retrouvés dans une situation délicate parce que considérés comme des traîtres par ceux qui s'étaient battus pour l'Indépendance. Oubliés pendant des décennies, on savait pourtant d'eux que craignant avec raison pour leur vie et qu'abandonnés par la France qui avait émis l'ordre d'interdire "toute tentative individuelle visant à aider l'installation de Français musulmans en métropole", 60 000 anciens harkis ont tout de même réussi à prendre les bateaux qui "rapatriaient" les Pieds-noirs en 1962. A leur arrivée, ils n'ont trouvé que des camps plus que sommaires – le dernier a fermé en 1975 –, quand ils n'étaient pas refoulés… Mais il a fallu, après des années de revendication et de manifestations diverses souvent menées par la seconde génération, que leur soit rendu un "hommage particulier" le 25 septembre 2001 pour que le drame qu'ils avaient vécu soit reconnu dans toute son horreur. Engagés volontaires ou non, par tradition familiale ou par conviction profonde, leur déchirement continue puisqu'ils ne sont toujours pas traités comme d'anciens combattants et qu'ils hésitent à retourner en Algérie…

Henné
C'est avec le henné qu'on dessine les tatouages traditionnels non permanents des mains et des pieds. Le henné, ou henna ou encore hanna, s'obtient en réduisant en poudre les feuilles séchées de l'arbuste du même nom. La poudre, mélangée à de l'eau chaude, du jus de citron qui en renforce l'effet et à plusieurs autres ingrédients si possible d'origine naturelle (huile d'olive, eau de rose…) donne une pâte de couleur foncée peu ragoûtante qui sent un peu l'épinard. On l'applique sur les cheveux pour les teindre en roux, sur les ongles pour les rougir ou sur les mains et les pieds avec ou sans motifs qui seront de couleur marron, bordeaux ou noire selon la qualité et les ingrédients ajoutés à la poudre de base. Il est réputé pour assainir la peau et la magnifier, pour renforcer les chevelures un peu fatiguées en leur donnant une belle couleur et, surtout, pour éloigner le mauvais œil. Toutes les civilisations anciennes orientales l'ont utilisé – les Pharaons avaient les cheveux teints et les dignitaires perses arboraient une barbe flamboyante pour marquer leur rang… Le henné, véritable produit miracle, s'efface au bout d'un mois au plus, sauf sur les ongles et les cheveux. Bon à savoir : si vous avez teint vos cheveux au henné, signalez-le à votre coiffeur avant tout autre traitement parce qu'il gaine complètement le cheveu et peut entraver l'action d'autres produits et pire encore.

Hidjab, haïk, kamis, etc.
Le hidjab, ou hidjeb, est le foulard qui a crispé tant de discours en France. Laissons là le débat… Le foulard ne doit pas être confondu avec le voile islamique intégral qu'on aperçoit de temps en temps. Ce dernier, le niqab, couvre la tête, les épaules et les bras jusqu'aux mains et n'a rien de traditionnel. Pour beaucoup de jeunes filles et de femmes, plus qu'une marque de soumission à Dieu, le foulard peut faciliter l'accès à l'espace public en permettant une certaine liberté de mouvement ou être un "cache-misère". Le haïk, traditionnellement blanc à Alger et noir à Constantine en deuil de Salah Bey dit-on, couvre tout le corps. En complément du hidjab, les Algéroises portent également devant le bas du visage un triangle de tissu blanc orné ou non de dentelle, dont le pli central est si marqué qu'on dirait un énorme bec… Si le foulard est fréquent en Algérie, il n'est pas obligatoire et il n'est pas rare de croiser une fille voilée donnant le bras à sa mère "en cheveux" (comme on disait il y a quelques dizaines d'années en France) ou à sa meilleure amie bien moins pudique. Le pendant masculin du voile est le kamis, une tunique longue que les "barbus" ont adoptée dans les années 1980 et qui là non plus n'a rien de traditionnel puisqu'elle est d'inspiration afghane.

Hôtels
Puisque même les autorités touristiques commencent à penser qu'il faudrait envisager de peut-être revoir le classement des hôtels algériens… Parlons donc de ce classement qui ne correspond à rien de ce que vous connaissez ! Du moins pour les hôtels nationaux, parce que les établissements de chaînes internationales ont leurs propres standards et les appliquent ici aussi.
Bon, plus il y a d'étoiles plus cela risque d'être cher. D'accord, ou presque… Mais en ce qui concerne les qualités, on entre alors dans une autre dimension. Dans chaque ville d'importance, l'Etat gère un hôtel, souvent construit dans les années 60 et la plupart du temps dessiné par Fernand Pouillon. Ces hôtels, toujours très bien situés, ont malheureusement vieilli quand ils ne sont pas déjà morts. Ils ont vécu leurs heures de gloire, certainement de belles heures, dans les années 70, mais la fin des années 80 a marqué le début de la débâcle. Les touristes se sont alors faits moins nombreux, limités aux déplacements d'affaires, aux séminaires ou aux groupes de sportifs en déplacement. Le personnel a pris de l'âge en même temps que les piscines se vidaient, que les jardins s'asséchaient, que la plomberie s'engorgeait de détritus divers ou que la moquette aux spirales psychédéliques pourrissait. Bref, la dégradation et l'ennui s'installaient tout doucement… Aujourd'hui, à de rares exceptions près, ces hôtels sont devenus plutôt sordides et le service très aléatoire. Quand les bouteilles aux étiquettes pâlies du bar sont devenues invisibles sous le regard de quelques habitués "qui font vivre le commerce", les couloirs et les chambres ne sont plus hantés par beaucoup. Au restaurant, presque toujours vide et froid, la carte ne propose que des plats bien mieux traités dans le boui-boui du coin… En bref, ces hôtels dégradés et vidés de leur clientèle sont devenus une charge et certains d'entre eux ne sont pas près de trouver repreneur dans le cadre de leur privatisation. Mais comme ils sont quelquefois la seule possibilité de logement, vous aurez peut-être l'occasion d'en découvrir un. Mieux vaut être prévenu… Quelques établissements ont cependant mieux vécu la "désertification" et s'en tirent un peu mieux que leurs confrères. Et, l'arrivée tant espérée de touristes encourageant les initiatives privées, gageons que de nouveaux établissements vont voir le jour et diversifier bientôt l'offre touristique.

Inch'allah, bismillah et el-hamdoulillah
Les trois expressions font référence à Dieu. Inch'allah, "par la grâce de Dieu", que vous entendrez très souvent termine la plupart des phrases impliquant un projet ("A demain ! – Inch'allah !"). Cette expression de soumission à la volonté divine façonne la mentalité musulmane et peut devenir inquiétante pour les esprits naturellement anxieux parce que, finalement, n'implique-t-elle pas que quelque chose peut venir perturber nos plans humains ? Bismillah, "au nom de Dieu", ponctue les prières. C'est aussi ce qu'on dit en commençant un repas, comme une bénédiction. El-Hamdoulillah, "grâce à Dieu", est l'expression de la reconnaissance envers ses bienfaits.

Hittistes
"Ceux qui tiennent le mur" (hit = mur). Le terme est apparu dans les années 1980 et désignait les jeunes hommes désœuvrés en attente d'un petit boulot à défaut d'un job voire d'un travail…

Hospitalité
"Ô, toi qui passes le seuil de ma porte, tu es le maître et je deviens ton serviteur", enseigne un vieux dicton. Sans bornes et désintéressée, l'hospitalité algérienne se manifeste d'abord par l'invitation à boire le thé, un rituel auquel vous n'échapperez pas dès lors que vous sortirez des sentiers battus, à manger des petits gâteaux ("Vas-y sers-toi ! – Merci, je n'ai pas faim. – Mais si, il faut manger !"). Dans le Sud, les dattes et le verre de lait précèdent quelquefois le thé ou le repas offert à l'hôte de passage. Les Algériens ouvrent leur porte avec une rapidité déconcertante et quelquefois gênante et il s'agit de ne pas en profiter et de s'en montrer digne.

Imazighen (Berbères)
Dérivé du nom "barbare", d'origine grecque, d'abord donné par les Romains à tous les peuples conquis puis par les Européens qui appelaient Barbaresques les habitants de la côte de la Barbarie, le nom Berbère désigne aujourd'hui les peuples du Maghreb présents à l'arrivée des Phéniciens. De cette époque datent les premiers témoignages écrits de leur existence. L'origine de ces peuples reste très énigmatique lorsqu'elle n'est pas totalement méconnue. Probablement venus à diverses époques par vagues successives du Moyen-Orient, ils ont peu à peu investi tout le Maghreb et quelques-uns ont fait souche aux îles Canaries mais ceux qui nous sont les plus "familiers", par le fait qu'ils commerçaient avec les Carthaginois, puis furent annexés par les Romains, sont les Numides, peuple d'agriculteurs sédentaires. Les plus énigmatiques d'entre eux restent les peuples du Sahara, en particulier les ancêtres des Touaregs, dont les origines paraissent insaisissables, les uns soutenant la thèse de Berbères du Nord et de la côte Atlantique chassés par les multiples invasions, les autres, celles de tribus nomades venues de la péninsule arabique…
Aujourd'hui, les Berbères – Kabyles au nord, Chaouis dans les Aurès ou Touaregs dans le Grand Sud – qui revendiquent leur langue (tamazight, chaouïa ou tamachek pour les Touaregs) et leur culture propres qu'ils ont toujours défendues âprement de leurs montagnes ou plaines sahariennes préfèrent le terme Imazighen (au singulier Amazigh), "hommes libres".

Indépendance
On ne peut comprendre la société algérienne si l'on occulte cette partie de son histoire moderne : elle l'a façonnée tant par les nombreuses marques laissées par cent trente-deux années de présence française que par la guerre d'Indépendance qui y a mis fin et par le rêve révolutionnaire qui s'est brisé sur la course au pouvoir dans les années qui ont suivi.

Kabyles
Ulac smah ulac, "aucun pardon aucun", "jamais aucun pardon" ou macach smah macach, les Kabyles n'oublient pas les morts de 2001 et ne se soumettront pas, tel est le message qu'ils veulent faire passer à ceux qui au nom de ce qui ressemble à une "dékabylisation" assassinent leurs enfants qui réclament juste le droit d'être et maintiennent la région dans un perpétuel bouillonnement. Les Kabyles, pas plus haineux que les Arabes dont ils parlent la langue et partagent la religion, réclament justice ainsi que le droit de perpétuer leur "imazighenité" et de participer pleinement à la Nation algérienne pour laquelle ils se sont aussi battus et dont ils restent fiers, même s'ils ont quelquefois tendance à se dire Kabyles avant d'être Algériens.

Khôl
La préparation et l'utilisation du khôl répondent à une tradition millénaire et très rituelle. A la fois collyre protégeant les yeux de diverses agressions et affections ("il fortifie la vue et fait pousser les cils" selon le Coran) et fard qui a élevé le regard des femmes du Maghreb et d'Orient au rang de mythe, sa préparation varie selon la région et les ingrédients dont on dispose. Mélange à base de sulfure d'antimoine additionné de grains de poivres, de clous de girofles ou de noyaux de dattes grillés, d'armoise, de safran et de bois de laurier-rose, soit beaucoup d'ingrédients toxiques, on le fait reposer avant de le cuire et de le piler dans un mortier de cuivre et enfin de le tamiser. Le khôl est conservé dans la moukihla, un petit étui de cuir décoré ou une fiole de bois, de métal ou d'argent ciselé. Il est appliqué à l'aide du marwid, un bâtonnet de bois ou d'argent taillé en pointe, glissé d'un bout à l'autre de l'œil fermé.

Koubba
A l'origine, la koubba désignait une coupole qui dominait un bassin à ablutions ou un tombeau. Par extension, le terme désigne aujourd'hui les marabouts ou les tombeaux surmontés d'un dôme.

Ksar
Le ksar (pluriel : ksour) est un village fortifié construit généralement en pisé, consolidé par des poutres en troncs de palmiers, et dont les murs nus forment un rempart contre les agressions climatiques et physiques. Chaque ksar possède des tours fortifiées, édifiées de chaque côté de terrasses à ciel ouvert sur lesquelles se déroule une bonne partie de la vie sociale paysanne et où on entrepose les grains afin qu'ils sèchent au soleil. Les murs du ksar sont percés de minuscules fenêtres et l'entrée se fait par la façade, défendue par une barbacane. Erigés sur des collines souvent dépourvues de sources, ils sont presque tous désertés par des habitants qui lui préfèrent la modernité des maisons plus récentes. Les plus beaux ksour se trouvent dans le Gourara, dans la région de Timimoun et sont restaurés petit à petit, notamment grâce au soutien d'associations européennes et du Pnud, un fonds de l'Onu.

Langue
Historiquement, le berbère (tamazight) est la plus ancienne langue parlée. Son origine, peut-être punique ou lybique, est aussi discutée que celle de ceux qui le parlent. On estime qu'environ 30 % de la population est berbérophone, entre les Aurès, la Kabylie, la région de Tlemcen et le Grand Sud avec les Touaregs. Le tamazight s'est longtemps maintenu au seul sein des familles et n'était qu'oral mais la découverte dans le sud du tifinagh, une façon ancienne d'écrire le berbère, a relancé l'intérêt pour cette langue.
Durant l'Antiquité, seuls les lettrés possédaient la langue des Romains. A partir du VIe siècle Ce furent d'abord les musulmans qui forcèrent les Berbères à apprendre leur langage en même temps qu'ils devaient se convertir à l'islam. Avant l'arrivée des Français, la langue turque était celle du gouvernement, des militaires et de l'appareil judicaire mais la rue parlait l'arabe ou le berbère avec des variations selon les régions. On communiquait avec l'Européen au moyen d'une langue qu'on appelait "mauresque" ou "franke", un mélange d'espagnol, d'italien, de français et de différents dialectes locaux. Puis, le français devient la langue administrative et commerciale apportée par les colons. L'arabe et le berbère sont alors relégués à l'arrière-plan, voire niés, jusqu'à devenir le symbole de la résistance à l'occupant.
Au début des années 1970, les gouvernements ont imposé l'"arabisation" du pays. Mais les instituteurs et les cadres de l'enseignement n'ayant aucune expérience puisqu'ils avaient toujours enseigné en français, on a fait venir des Egyptiens, rarement pédagogues mais souvent membres des Frères musulmans, pour prendre le relais. Gros problème : la langue utilisée en Egypte est très différente de l'arabe parlé en Algérie et, peut-être par rejet, le français s'est maintenu dans les foyers et la rue pour rester la langue véhiculaire.
Depuis juillet 1998 – c'est très récent –, l'arabe est l'unique langue officielle de l'Algérie. On a du mal à y croire parce que presque tous les textes et annonces publics sont systématiquement doublés en français, quelquefois seulement en français. Même si les jeunes parlent moins le français, ou ne le lisent pas, les générations précédentes ont bien souvent du mal à lire l'arabe et sont plus à l'aise avec le français. Le français, donc, reste encore très présent, surtout dans les classes aisées, et vous n'aurez aucun mal à vous débrouiller si vous ne parlez que le français. Quelques aberrations subsistent dans l'organisation du pays : l'enseignement se fait en arabe jusqu'au bac, alors que quelques filières universitaires ne sont assurées qu'en français, d'autres seulement en arabe.
Il y a peu, le Conseil des ministres a décidé d'introduire le tamazight dans le système éducatif, en tant que langue nationale, et de prendre en compte "la dimension culturelle amazigh dans le programme des enseignements des sciences sociales et humaines à tous les niveaux du système éducatif". Quelques mois plus tard, Bouteflika sommait les écoles privées de revenir à l'arabe…
Vous remarquerez que les discussions sont ponctuées de tant de mots français que, sans comprendre l'arabe, on a parfois le sentiment de suivre ce qui se dit. C'est le cas notamment des adverbes, des locutions ou des mots techniques qui n'ont pas d'équivalent. Certains mots français ont été adaptés par le "francarabe", comme taxieur pour chauffeur de taxi. Et vous en découvrirez bien d'autres au cours de votre voyage…

Mauvais œil et talismans
Sur les portes, le heurtoir était traditionnellement en forme de main, la main du bonheur qu'on retrouve avec la main de Fatma (khemsa). Si les cinq doigts de la main évoquent les cinq prières quotidiennes de l'islam, le symbole a pourtant touché toutes les communautés qui ont vécu en Algérie et on la retrouve partout. Pour combattre le maz'ra (mauvais œil) ou la scoumoune (malchance) et pour attirer la baraka, chacun a sa méthode : rites, gri-gri, fumigations odorantes, bénédictions, prières au marabout du coin, henné et khôl, etc.

Marchandage
Cette pratique possède de bons côtés car elle pousse au contact et à la discussion. Le but étant d'arriver à un bon prix qui fasse autant plaisir au marchand qu'à vous-même, il ne faut jamais raisonner en termes de bénéfices. De toute façon, si le marchand vous vend un produit, c'est qu'il y gagne aussi quelque chose. Ne vous demandez pas si vous auriez pu descendre plus bas. Essayez tout de même de vous renseigner avant, pour connaître la fourchette de prix du produit que vous souhaitez acheter. Enfin, règle d'or, si vous proposez un prix et que le marchand l'accepte vous devez payer. Encore une fois, c'est l'honneur qui est en jeu. Sinon vous n'êtes jamais obligé de payer, même sous la menace du marchand. Ne vous laissez pas influencer, soyez fier d'acheter.

Medersa
Les medersas sont les écoles coraniques autrefois chargées de l'éducation des étudiants en théologie, en histoire ou en sciences. Ces "universités coraniques" furent implantées dès le XIIe siècle, souvent situées près des mosquées et leur architecture repose traditionnellement sur une vaste cour rectangulaire à ciel ouvert, pourvue d'un large bassin à ablutions et d'un déambulatoire. A l'extrémité de cette cour, la salle de prière (haram) est souvent un pur joyau de décoration. Les murs sont généralement très hauts et coiffés d'un toit de tuiles vertes en forme de pyramide. A l'étage, les chambres sont de petites cellules où s'entassaient les étudiants.

Mosquée
Mosquée (djemâa ou djamâa, en arabe) signifie le "rassemblement". C'est donc l'endroit où l'on se rassemble pour une prière collective. Chaque quartier possède la sienne, plus ou moins récente, plus ou moins bien décorée. En dehors des prières, la visite des mosquées est en principe autorisée aux non-musulmans mais par mesure de précaution demandez toujours si vous pouvez entrer. Dans tous les cas, une tenue correcte est impérativement exigée et ôtez vos chaussures à l'entrée. Chaque mosquée est composée d'une cour intérieure au centre de laquelle se trouve le bassin à ablutions.
Face au mur de prière (qibla), orienté vers l'orient, les fidèles s'alignent pour prier ensemble devant le mihrab, niche creusée dans la qibla et indiquant la direction de La Mecque. Le minbar, la chaire à prêcher où officie l'imam, peut être excentré ou situé devant le mihrab. L'Algérie compte de nombreuses belles mosquées (Tlemcen, Alger, etc.), la plus grande étant celle de l'Université Abdelkader des sciences islamiques édifiée au début des années 1980 à Constantine.

Musique
La musique tient une place fondamentale dans la vie quotidienne algérienne. Elle rythme presque tous les événements, heureux ou malheureux, depuis les temps les plus reculés. Selon les villes et les régions, la musique prend des formes multiples qui, en dehors des styles les plus connus (arabo-andalouse et malouf, chaâbi, raï…), sont un peu difficiles à reconnaître par nos oreilles profanes.

Mirage
Dans les zones désertiques, aux heures les plus chaudes de la journée, on peut être grugé par l'apparence trompeuse d'une nappe d'eau située dans le lointain, alors qu'il ne s'agit en fait que d'un phénomène optique proche de la perfection. Celui qui n'a pas eu la chance d'être confronté directement à un mirage, en a certainement entendu parler, sans aller jusqu'à certaines représentations caricaturales de ce phénomène, vues dans des films ou des bandes dessinées, pas toujours conformes à la réalité.
Contrairement à une idée reçue, les mirages ne sont pas une exclusivité des déserts, ils peuvent également se produire sur la banquise ou en mer. La cause en est la superposition de couches d'air de températures différentes. L'illusion d'optique est entretenue par une densité inégale à l'intérieur de ces couches d'air, et par une réflexion intégrale des rayons lumineux. La conséquence visuelle se traduit par le fait que des objets éloignés vont avoir plusieurs images inversées ou superposées et plus ou moins tremblantes.

Nif
Le mot désigne le nez, siège de l'honneur, de la fierté, de l'orgueil qui frise souvent la grande susceptibilité… Il faut juste le savoir ! La prochaine fois, nous vous parlerons de la rejla…

Nomades
La vie nomade a été le mode de vie traditionnel d'une bonne partie de l'Algérie, depuis les temps les plus reculés jusqu'aux débuts de la sédentarisation dans les années 1960. Les gravures rupestres du Tassili N'Ajjer témoignent du mode de vie pastoral et nomade d'un peuple qui serait l'ancêtre des Peuls du Sahel.Ceux-ci se seraient réfugiés plus au sud lors de la désertification des savanes. De nos jours, il n'y a plus beaucoup de nomades "à temps plein". Les Chaambas sont devenus sédentaires, les Touaregs aussi mais c'est peut-être la nostalgie d'une vie organisée autour de la caravane des chameaux, des troupeaux de chèvres et de la kheima (tente) qu'on démontait quand il n'y avait plus d'herbe qui fait choisir à certains de travailler avec des touristes.

Oasis
C'est le lieu de la vie au milieu du néant désertique, le refuge des palmeraies, jardins et ksour grâce au miracle de l'eau sans lequel aucune vie n'est possible. L'eau précieuse est canalisée et répartie grâce à d'ingénieux et ancestraux systèmes. Les palmiers protègent les arbres fruitiers et les cultures maraîchères de l'ardeur du soleil. A côté de ces jardins tranquilles, sont construits les ksour aux maisons de terre ocre. Quand on sait que le mot oasis décrit au sens figuré un lieu de calme et de paix, un refuge, on peut se faire une idée de l'atmosphère de ces jardins protégés par le couvert d'une palmeraie. Malheureusement, en raison d'une mauvaise irrigation ou d'inondations incontrôlées qui font remonter le sel à la surface du sol ou tout simplement par manque d'entretien, beaucoup de palmeraies dépérissent et offrent un triste visage au promeneur…

Parabole
Image saisissante, quelles que soient la région et la ville d'Algérie dans laquelle on se trouve, chaque immeuble possède depuis 1986 sa façade aux fenêtres ou balcons régulièrement frangés de paraboles, toutes orientées de manière à capter Eutelsat et les chaînes étrangères qu'on regarde en priorité. Dans le Grand Sud, il n'est pas rare de voir des paraboles d'un diamètre si important qu'on croirait les toits et les jardins transformés en stations de communication.

Pétrole
Principale ressource algérienne (presque 97 % des rentrées de devises), le pétrole et le gaz sont directement acheminés des puits du sud par pipeline jusqu'aux raffineries des villes portuaires (Arzew et Bejaïa) où ils sont transformés puis envoyés vers l'Europe ou redistribués dans le pays. D'où des difficultés d'approvisionnement en carburant dans le Grand Sudpourtant producteur et de longues files d'attente à Tamanrasset ; situation que vivent mal les habitants. La compagnie nationale d'exploitation du pétrole est la Sonatrach et l'enseigne nationale orange des stations-service est Naftal.

Pieds-noirs
On connaît d'eux leur accent souvent imité voire grossièrement parodié, une certaine grandiloquence ou le couscous et l'anisette ; on sait aussi qu'un tel du monde des affaires ou du spectacle est né "là-bas" dont ils parlent jusqu'à l'écœurement ou taisent pudiquement. Mais les Pieds-noirs, ce sont aussi des familles souvent modestes qui se sont un jour de 1962 retrouvées sur le quai d'un port ou le tarmac d'un aéroport quand ils avaient pu prendre le dernier avion, avec pour bagages la peur de l'avenir et, pour beaucoup, l'obligation de repartir à zéro. Souvent accusés d'être des "fauteurs de guerre" ou d'avoir profité du système colonial alors que la plupart d'entre eux vivaient avec des revenus de 15 % inférieurs à ceux des "Français de France", ils ont entretenu leur mémoire au travers d'un milliers d'associations et d'amicales. Si quelques-uns sont restés après 1962, les autres ont longtemps hésité à revenir.
Depuis deux ans cependant, ils sont de plus en plus nombreux à participer à des voyages de retour aux sources et regretter de ne pas avoir franchi la Méditerranée plus tôt…

Police
Qu'ils surveillent les entrées des villes, règlent la circulation ou gardent les édifices publics, qu'ils portent ou pas un uniforme (bleu nuit pour la police et kaki pour l'armée ou la gendarmerie), les agents de sécurité sont omniprésents dans tous les recoins du pays et même dans le désert où ils se font accompagner par des guides touaregs. En ce qui concerne la circulation qui vous paraîtra folle, les règles sont pourtant strictes – pas de téléphone portable au volant, ceinture obligatoire, etc. – et en cas de manquement, vous aurez peut-être du mal à attendrir l'agent qui vous a fait ranger sur le bas-côté.

Polygamie
D'après les poètes libertins occidentaux, ce vieux fantasme nous vient de l'Orient. Quoi qu'il en soit, il faut savoir que la polygamie – introduite en Algérie par les Ottomans – répond à une tradition codifiée par le Coran et n'est autorisée par la religion qu'à condition que les épouses de l'heureux homme soient bien traitées dans tous les domaines ("Epousez comme il vous plaira deux, trois ou quatre femmes. Mais si vous craignez de n'être pas équitable, prenez une seule femme", dit le Coran, IV, 3) et que les premières épousées donnent leur accord. Depuis la réforme, minime, du Code de la famille, un juge doit ajouter son accord à celui des autres femmes.

Ramadan
Pendant toute la durée du carême, l'un des cinq piliers de l'islam dont les dates de début et de fin sont basées sur la position de la lune, tout musulman en âge et en bonne santé doit jeûner depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, "jusqu'à l'heure où l'œil ne distingue plus un fil blanc d'un fil noir". Pendant toute cette période, toute l'Algérie vit au rythme de la préparation du repas du soir et de la nuit et déploie toutes ses talents et son savoir-faire culinaire, chaque repas devenant une cérémonie ou doivent figurer nombre de plats traditionnels régionaux. On rompt généralement le jeûne (f'tour) avec un verre de lait et des dattes ou un morceau de kesra juste préparée et encore chaude. Suivent tout au long de la soirée et de la nuit de multiples plats différents dont la chorba (soupe), accompagnée de briks (à la viande, au thon…), de plats de viande et de légumes safranés et de ragoûts divers. Figurent aussi en bonne place des plats du ramadan le couscous, la tchatchoukha et bien sûr les pâtisseries dont le kalb ellouz automatiquement servi avec le thé du soir. Le ramadan se termine par la fête de l'Aïd El-Fitr, où la coutume veut que chaque famille prépare ses recettes de gâteaux et les partage avec l'entourage auquel on rend visite durant toute la durée de la fête. Saha ftourkoum ! Saha ramdhankoum ! "Bon appétit ! Bon ramadan !"

Sahara
"J'ai eu la chance de rencontrer le désert, ce filtre, ce révélateur. Il m'a façonné, appris l'existence. Il est beau, ne ment pas, il est propre.C'est pourquoi il faut l'aborder avec respect. Il est le sel de la Terre et la démonstration de ce qu'ont pu être la naissance et la pureté de l'homme lorsque celui-ci fit ses premiers pas d'Homo erectus." Théodore Monod, le Chercheur d'absolu, Le Cherche-Midi, 1997.
S'étendant sur 5 200 kilomètres, de l'océan Atlantique, à l'ouest, à la mer Rouge, à l'est, et sur 1 500 kilomètres, des abords de la Méditerranée, au nord, au Sahel au sud, c'est le plus grand désert du monde avec environ 9 millions de kilomètres carrés, soit quinze fois la superficie de la France. Le Sahara occupe presque 90 % de la surface du territoire algérien.
Ce désert, jadis fertile, s'étend chaque jour un peu plus, principalement vers le sud. L'eau est présente dans le sous-sol à de nombreux endroits, le problème étant la captation de cette manne salvatrice, souvent très profonde. Là où l'eau affleure, les oasis émergent du désert. Les précipitations très faibles, voire nulles dans certains endroits, ne permettent que l'apparition d'une faune et d'une flore particulièrement bien adaptées à ces conditions draconiennes. Mais il suffit d'une averse pour que des graines apportées par le vent germent et prennent racine dans le sable.
Le relief du Sahara algérien est très marqué. L'amplitude thermique y est très importante, les températures diurnes peuvent dépasser 50 °C en été alors qu'il peut geler l'hiver au-dessus de Tamanrasset. Le sous-sol est assez riche avec des gisements importants de pétrole en Algérie et en Libye, de phosphates au Sahara occidental et de fer en Mauritanie.

Salam aleikoum
Salutation arabe indispensable qui signifie "que la paix soit avec toi" et à laquelle on répond aleikoum salam. Suivent labès ?, "ça va ?" et les traditionnelles questions sur la santé, la famille, les affaires… Pour se saluer, on se serre la main avant de porter la main au cœur ; on se donne l'accolade ou on s'étreint chaleureusement entre personnes du même sexe. Les salutations peuvent durer et il n'est pas question de sauter directement au but de la discussion. Il est d'usage de saluer les plus âgés en premier. Les autres formules les plus fréquentes sont bakheir, saha ou mrahva yissouen en arabe et azul ou azul amiss tmuzrha en tamazight. En quittant un endroit, les Kabyles disent arthlifath ou arthim lee leeth.

Sécurité
Mot-clé parce que c'est la première et presque l'unique question qu'on se pose en imaginant un voyage en Algérie. Le pays est classé parmi les moins sûrs – le ministère français des Affaires étrangères déconseille de se rendre en Algérie "sauf raisons professionnelles impératives" – mais on oublie un peu que près de 33 millions d'Algériens y vivent et que la plupart de ceux qui ont choisi de s'installer à l'étranger y reviennent chaque été. Jusqu'à il y a peu, les Européens qui s'y rendaient pour travailler étaient souvent accueillis dans des hôtels dits sécurisés et encadrés lors de leurs déplacements, ce qui leur donnait peu l'occasion de se rendre compte de la situation qui, si elle a effectivement été grave et incontrôlée dans les années 1990, a beaucoup changé depuis bientôt cinq ans. On circule tout à fait normalement dans les villes y compris dans les grandes, avec une petite réserve évidente pour les banlieues ; on a recommencé à se déplacer de nuit même si on a conservé l'habitude d'allumer le plafonnier de la voiture pour se faire reconnaître des policiers quand on les croise, on peut emprunter les transports en commun et le pire qui puisse arriver est de passer inaperçu…
Dans ce qu'on appelle le Grand Sud, des mesures énergiques ont été prises depuis l'enlèvement d'une trentaine de touristes européens au printemps 2003, non seulement pour rassurer les futurs visiteurs mais aussi pour ne pas laisser prise aux rumeurs et contre-rumeurs qui ont foisonné faute de meilleure information.
Alors, si la question de la sécurité ne doit pas être un frein à vos envies, il convient cependant de préparer votre voyage en réservant des nuits d'hôtel pour avoir un point de chute et en prenant contact avec des agences de voyages locales sans hésiter à leur poser des questions.
Si dans le Nord, les agents touristiques paraissent quelquefois encore un peu "frileux", dans le Sud ils sont réalistes… Une fois sur place, on peut se faire accompagner en cas de doute et, comme partout, on doit prendre les précautions d'usage face à la délinquance et faire attention à son propre comportement parfois un peu "voyant".

Sept
Le chiffre 7, sebba, est porteur d'une grande symbolique dans nombre de cultures et on le retrouve aussi souvent dans la Bible que dans le Coran qui évoque les sept cieux, les sept terres ou les sept parties de l'enfer, etc. Les exemples peuvent être multipliés au moins par sept. Ainsi, il y a sept façons de lire le Coran et sept interprétations possibles ; on tue un mouton sept jours après la naissance d'un enfant qui reçoit en même temps son prénom ; les remparts des villes anciennes étaient souvent percés de sept portes et on dit qu'après la fin du monde sept villes du Maghreb (Tunis, Ténès, Tiaret, Tlemcen, Taza, Tetouan et Taroudan) resteront debout…

Souk
Le marché est dans la tradition musulmane le centre de la cité avec la mosquée. En Algérie, le souk est avant tout un marché qui n'a souvent pas grand-chose à voir avec ce que les touristes connaissent au Maroc ou en Tunisie, le tourisme étant ici encore trop peu visible.

Touriste
L'espèce a failli disparaître – on signale pourtant quelques groupes d'individus dans le Sud – suite à plusieurs conflits, à des actes terroristes, des enlèvements et à la crainte d'être mal accueilli… Leur retour semble très attendu par les Algériens qui, en dehors de la manne reçue en période de migration, espèrent beaucoup des échanges qui ne manqueront pas de suivre.

Trabendo et "import/import"
Trabendo est le terme "francarabe" pour la contrebande, endémique en Algérie comme le piratage (télévision, téléphone, etc.) et plus ou moins tolérée par les autorités puisqu'elle ne fait en quelque sorte que pallier certaines carences de l'économie formelle sur laquelle pèsent de lourdes contraintes administratives et un contrôle des changes très strict. Cigarettes et produits de toutes sortes, électroménager, pièces détachées pour voitures, vêtements et même alimentation ou produits d'hygiène, garnissent ainsi "tabliers" et épiceries et construisent de nouvelles fortunes alors qu'un grand nombre de personnes n'ont pas les moyens de s'offrir ces marchandises. On appelle aussi ces nouveaux riches les barons de "l'import/import", une expression du cru, puisqu'avec 95 % des rentrées de devises dues aux produits pétroliers, l'activité d'exportation de produits algériens est minime, voire inexistante.

Visa
J'avais décidé de rejoindre ma bien-aimée – Honte à vous, vous m'avez peiné – Vous avez été jusqu'à me priver du visa – Vous voulez ma mort ou quoi ? – Je vais me saouler et tout casser – Pourquoi cette injustice – Alors que mon passeport est valide – Et que je ne tiens pas à faire des histoires – Au nom de Dieu, je veux juste voir ma bien-aimée – Ne serait-ce que pour une heure et je reviens – Donnez-moi ce visa, elle me manque trop – Je vous le demande gentiment – Je ne cherche pas d'esclandre – Mon Dieu, même ici "je n'ai pas de chance" – Il me reste cet obstacle à franchir – Pour retrouver mon amour en France (traduction Rabah Mezouane) chantait Cheb Hasni en 1993 dans la chanson le Visa. Jusque dans les années 1980, les Algériens étaient des citoyens du monde comme les autres qui pouvaient circuler, visiter ou faire leurs études dans d'autres pays sans trop de problèmes. Soumis à une forte suspicion de la part de la communauté internationale depuis les années 1990 et le début du terrorisme, renforcée lorsque celui-ci a touché la France, l'obtention d'un visa est devenue un véritable parcours du combattant dont il faut connaître les règles qui changent de jour en jour, sauf celle de la file d'attente devant le consulat qui est immuable. Reste qu'il est devenu très difficile pour un Algérien d'organiser un voyage qu'il soit pour affaires ou d'ordre privé parce qu'en général il n'obtient une réponse que quelques jours avant la date prévue de son départ.

Youyou
Semblant venir de la nuit des temps, les youyous (zerarit en tamazight) des femmes voilées ont excité l'imagination du voyageur occidental parcourant le nord de l'Afrique. Ces stridulations vocales qui signalent les réjouissances (fêtes familiales, mariages, naissances, fêtes religieuses, célébrations…) accompagnent aussi de nos jours les chants folkloriques berbères et arabes. En cas de risque de youyou, mieux vaut éloigner ses oreilles de la bouche qui va le lancer…

vendredi 30 mai 2008 22:44


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