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Belle
étoile
S'il y a un pays où faire l'expérience de dormir sous
les étoiles – dans une chambre 1 000 étoiles
comme on vous dira ! –, c'est bien en Algérie. Que
vous soyiez dans le désert, chez des amis, dans un
hôtel ou un campement saharien, les nuits y sont inoubliables
et souvent bien plus confortables que dans une chambre
étouffante. Rien de mieux en effet que de s'endormir sous le
dais de la Voie lactée bercé par les sons
étouffés du campement ou du village. Toutes les
maisons et les hôtels, sauf les hôtels "de standing",
sont dotés d'une terrasse et dans le désert on a
l'embarras du choix pour dérouler son sac de couchage, de
préférence à l'abri du vent. Se méfier
également des moustiques, nombreux dès qu'il y a de
l'eau.
Bled
Le "pays". Celui où l'on vit ou celui qu'on a quitté,
y revenant si possible au moins une fois par an, malgré la
"conjoncture".
Casbah
Centre le plus ancien des villes, celle d'Alger est classée
au patrimoine mondial de l'Unesco des monuments historiques.
Pourtant, elle a bien failli disparaître. Du moins, est-ce ce
qu'on a cru jusqu'à l'année dernière tant la
vétusté l'avait abîmée… Elle
tombait littéralement en ruine, comme le montraient les
nombreux titres de journaux concernant des effondrements
d'immeubles. Grâce aux associations de défense de la
Casbah, au retour – même timide – des touristes
ou peut-être grâce à l'organisation de
réunions internationales qui demandaient qu'Alger montre
meilleure figure, des travaux ont enfin commencé en 2004.
Les bâtisses sont consolidées, les murs
chaulés, les ferronneries repeintes et les ruelles
repavées…
Chameau
A l'école, vous avez appris que le vaisseau du désert
s'appelle "dromadaire" quand il a une bosse, "chameau" quand il en
a deux. Et bien, il vous faudra oublier tout ça. En
Algérie, tout le monde parle de chameau à propos de
bestiaux qui n'ont qu'une bosse.
Le chameau, donc, est l'animal emblématique de la survie
dans le Sahara et du commerce des grandes caravanes nomades arabes,
maures ou touarègues jusqu'à son remplacement par les
véhicules 4x4. Il est élevé autant pour le
transport des marchandises (historiquement dattes, sel, or…)
et du nécessaire du campement que pour le lait de chamelle
qui fournit l'essentiel des protéines de l'alimentation des
nomades. Pour les grandes occasions, on égorge un chameau
pour sa viande. S'ils sont de moins en moins nombreux, il existe
encore quelques éleveurs nomades. Les méharées
(de l'arabe mehari, "chameau de monte") peuvent être un moyen
pour le voyageur de les rencontrer et pour eux de se procurer un
revenu d'appoint fort utile à la perpétuation de leur
mode de vie. Mais n'envisagez pas de périple trop long
à dos de chameau ou d'âne : nos fessiers n'ont pas
l'habitude et souffrent terriblement dans cette situation. Quant au
mal de mer dont on souffrirait, il serait dû à de
mauvaises habitudes cavalières.
Cinq
Chiffre porte-bonheur un peu partout dans le monde, on retrouve le
chiffre 5 (khemsa) au travers des cinq piliers de la religion et
des cinq prières quotidiennes et se montre dans la main ou
le CD orné de versets du Coran pendu au rétroviseur
de la voiture.
Couchers de soleil
Toujours magiques, surtout quand ils s'accompagnent de l'appel
à la quatrième prière, à l'heure
où la première étoile apparaît dans le
ciel violet… C'est un instant qu'il faut savoir
apprécier, d'une grande quiétude, même dans le
centre d'une grande ville, à condition cependant que les
haut-parleurs de la mosquée la plus proche ne soient pas
réglés au maximum !
Couscous
Une étude menée il y a quelques années en
France avait fait ressortir que le couscous était le plat
préféré des Français, avant le steak
frites ! Mais comment ne pas aimer ce plat qui, avec ou sans
viande, prend tous les goûts du salé, voire
très relevé, au sucré…
Désertification
La Terre se trouve actuellement dans une période de
réchauffement climatique consécutive à des
cycles naturels normaux et à des interventions de l'homme.
La désertification est la conséquence des uns et des
autres. Ne pouvant influer sur les cycles naturels, la Terre s'en
étant plutôt bien accommodée depuis sa
naissance il y a environ 5 milliards d'années, il convient
de s'interroger sur l'influence de l'homme. Cette prise de
conscience est récente puisque le terme de
désertification date de 1949. La désertification en
Afrique touche plusieurs zones. Elle se manifeste par la
raréfaction puis la disparition des arbres et arbustes qui
empêchent le désert d'avancer. Un pâturage trop
intensif et surtout une consommation excessive de bois pour cuire
les aliments sont à l'origine de la destruction du couvert
végétal.
Paradoxalement, une irrigation mal contrôlée peut
également concourir à faire reculer les terres
fertiles. En effet, si la concentration de sel est trop importante
dans l'eau qui draine les terres nouvellement conquises sur le
désert, notamment mais pas uniquement près de
l'embouchure d'un fleuve, l'importante évaporation due
à la chaleur fixera le sel dans le sol. La
conséquence en est, à terme, l'appauvrissement des
récoltes dans le meilleur des cas, voire la disparition de
toute végétation s'accommodant mal d'une trop forte
salinité.
Mais le processus n'est pas irréversible comme on le
constate actuellement et on apprend vite que désert ne
signifie pas stérile. En effet, depuis quelques
années, les pluies beaucoup plus fréquentes
entretiennent une pâture qui survit toute l'année et
on voit quelques plantes "tenir" dans une région qu'on a
toujours imaginée… déserte.
Football
Sport national et sport de LA star internationale… Oui,
Zinedine Zidane, dit Zizou, bien que né à Marseille
est incontestablement d'origine kabyle, donc
algérienne.
Gourbi
A l'origine, le gourbi était la petite maison sommaire des
campagnes algériennes, presque une cabane. Aujourd'hui, la
forte migration rurale vers les villes industrielles du nord
souffrant déjà d'un fort taux de chômage a
engendré l'apparition de nombreux bidonvilles, ou gourbis,
où s'entassent des familles parfois nombreuses dans des
abris d'une ou deux pièces. Le confort y est très
sommaire et les installations sanitaires ou électriques
rudimentaires relevant plus de la débrouille – on se
raccorde comme on peut au réseau.
Guides
Indispensables dans le Sud où on ne peut plus circuler seul
depuis les enlèvements de 2003 et sur quelques sites du Nord
où ils seront souvent votre laissez-passer. Les guides
connaissent très bien le désert et vos besoins,
laissez-les faire ! A condition bien sûr d'avoir choisi le
bon ce qui ne manquera pas de vous arriver en consultant ce Petit
Futé.
Hadj/Hadja
Traditionnellement, le hadj est celui qui a déjà
accompli au moins une fois dans sa vie le long voyage que tout
fidèle musulman doit effectuer à La Mecque et
à Médine, dans la lointaine Arabie saoudite. Ce
pèlerinage, s'il est effectivement imposé par Mahomet
lui-même, ne concerne cependant que ceux qui sont en
état physique de le faire et capables de subvenir aux
besoins de leur famille durant leur absence. Autant dire que cela
ne touche pas la totalité de la population. L'appellation de
"hadj" ou "hadja" pour les femmes est une marque de respect et de
révérence accordée à ces fidèles
exemplaires.
Hammam
Le hammam possède une fonction sociale importante. On s'y
rend pour se laver, mais aussi pour rencontrer ses semblables et
bavarder. Souvent situé à proximité des
mosquées, il représente encore la purification
indispensable avant la prière collective. Selon les heures
de la journée, le hammam est strictement
réservé aux hommes ou aux femmes. Prenez garde
à l'hygiène : les critères de propreté
n'y sont pas forcément les mêmes qu'en France. Si des
amis vous proposent d'y aller, n'hésitez pas… Pour
réussir un bon "bain maure", vous devez vous procurer du
savon noir, appelé localement savon beldi (en vente dans les
hammams), ainsi que le fameux gant el-kiss, fait de toile noire
râpeuse et bordé d'un élastique. Frottez
énergiquement votre corps, de la tête aux pieds,
à l'aide de ce gant préalablement mouillé
à l'eau chaude (vous pouvez aussi vous faire masser par les
spécialistes mais peaux sensibles s'abstenir !). Ce
traitement, un véritable gommage, débarrassera votre
corps de toutes les peaux mortes. Après un passage par le
"sauna" qui peut être éprouvant, les femmes ont
l'habitude de s'enduire le corps d'une préparation à
base de henné et de jus de citron qui fait la peau douce et
ambrée – mieux qu'un autobronzant ! Terminez par une
revigorante douche froide, un massage aux huiles et un bon
thé dans la salle de repos où il est bon de
traîner après ce traitement épuisant !
Harkis
Le mot vient de harka, "mouvement" ou "milice", et désigne
les supplétifs musulmans de l'armée française.
Si les tirailleurs ou les spahis algériens avaient
participé aux batailles menées par la France dans les
tranchées boueuses de la Première Guerre mondiale,
lors de la libération de la France en 1944 comme à
Monte Cassino ou pendant la guerre d'Indochine, et qu'ils avaient
participé aux "opérations de maintien de l'ordre"
dans leur pays, les harkis étaient recrutés pour
lutter contre les actions de l'ALN dans les campagnes. A la fin de
la guerre d'Indépendance, même si quelques-uns ont pu
retrouver une place dans la société jusqu'à
occuper des postes dans l'administration, nombre d'entre eux se
sont pourtant retrouvés dans une situation délicate
parce que considérés comme des traîtres par
ceux qui s'étaient battus pour l'Indépendance.
Oubliés pendant des décennies, on savait pourtant
d'eux que craignant avec raison pour leur vie et
qu'abandonnés par la France qui avait émis l'ordre
d'interdire "toute tentative individuelle visant à aider
l'installation de Français musulmans en métropole",
60 000 anciens harkis ont tout de même réussi à
prendre les bateaux qui "rapatriaient" les Pieds-noirs en 1962. A
leur arrivée, ils n'ont trouvé que des camps plus que
sommaires – le dernier a fermé en 1975 –, quand
ils n'étaient pas refoulés… Mais il a fallu,
après des années de revendication et de
manifestations diverses souvent menées par la seconde
génération, que leur soit rendu un "hommage
particulier" le 25 septembre 2001 pour que le drame qu'ils avaient
vécu soit reconnu dans toute son horreur. Engagés
volontaires ou non, par tradition familiale ou par conviction
profonde, leur déchirement continue puisqu'ils ne sont
toujours pas traités comme d'anciens combattants et qu'ils
hésitent à retourner en Algérie…
Henné
C'est avec le henné qu'on dessine les tatouages
traditionnels non permanents des mains et des pieds. Le
henné, ou henna ou encore hanna, s'obtient en
réduisant en poudre les feuilles séchées de
l'arbuste du même nom. La poudre, mélangée
à de l'eau chaude, du jus de citron qui en renforce l'effet
et à plusieurs autres ingrédients si possible
d'origine naturelle (huile d'olive, eau de rose…) donne une
pâte de couleur foncée peu ragoûtante qui sent
un peu l'épinard. On l'applique sur les cheveux pour les
teindre en roux, sur les ongles pour les rougir ou sur les mains et
les pieds avec ou sans motifs qui seront de couleur marron,
bordeaux ou noire selon la qualité et les ingrédients
ajoutés à la poudre de base. Il est
réputé pour assainir la peau et la magnifier, pour
renforcer les chevelures un peu fatiguées en leur donnant
une belle couleur et, surtout, pour éloigner le mauvais
œil. Toutes les civilisations anciennes orientales l'ont
utilisé – les Pharaons avaient les cheveux teints et
les dignitaires perses arboraient une barbe flamboyante pour
marquer leur rang… Le henné, véritable produit
miracle, s'efface au bout d'un mois au plus, sauf sur les ongles et
les cheveux. Bon à savoir : si vous avez teint vos cheveux
au henné, signalez-le à votre coiffeur avant tout
autre traitement parce qu'il gaine complètement le cheveu et
peut entraver l'action d'autres produits et pire encore.
Hidjab, haïk, kamis,
etc.
Le hidjab, ou hidjeb, est le foulard qui a crispé tant de
discours en France. Laissons là le débat… Le
foulard ne doit pas être confondu avec le voile islamique
intégral qu'on aperçoit de temps en temps. Ce
dernier, le niqab, couvre la tête, les épaules et les
bras jusqu'aux mains et n'a rien de traditionnel. Pour beaucoup de
jeunes filles et de femmes, plus qu'une marque de soumission
à Dieu, le foulard peut faciliter l'accès à
l'espace public en permettant une certaine liberté de
mouvement ou être un "cache-misère". Le haïk,
traditionnellement blanc à Alger et noir à
Constantine en deuil de Salah Bey dit-on, couvre tout le corps. En
complément du hidjab, les Algéroises portent
également devant le bas du visage un triangle de tissu blanc
orné ou non de dentelle, dont le pli central est si
marqué qu'on dirait un énorme bec… Si le
foulard est fréquent en Algérie, il n'est pas
obligatoire et il n'est pas rare de croiser une fille voilée
donnant le bras à sa mère "en cheveux" (comme on
disait il y a quelques dizaines d'années en France) ou
à sa meilleure amie bien moins pudique. Le pendant masculin
du voile est le kamis, une tunique longue que les "barbus" ont
adoptée dans les années 1980 et qui là non
plus n'a rien de traditionnel puisqu'elle est d'inspiration
afghane.
Hôtels
Puisque même les autorités touristiques commencent
à penser qu'il faudrait envisager de peut-être revoir
le classement des hôtels algériens… Parlons
donc de ce classement qui ne correspond à rien de ce que
vous connaissez ! Du moins pour les hôtels nationaux, parce
que les établissements de chaînes internationales ont
leurs propres standards et les appliquent ici aussi.
Bon, plus il y a d'étoiles plus cela risque d'être
cher. D'accord, ou presque… Mais en ce qui concerne les
qualités, on entre alors dans une autre dimension. Dans
chaque ville d'importance, l'Etat gère un hôtel,
souvent construit dans les années 60 et la plupart du temps
dessiné par Fernand Pouillon. Ces hôtels, toujours
très bien situés, ont malheureusement vieilli quand
ils ne sont pas déjà morts. Ils ont vécu leurs
heures de gloire, certainement de belles heures, dans les
années 70, mais la fin des années 80 a marqué
le début de la débâcle. Les touristes se sont
alors faits moins nombreux, limités aux déplacements
d'affaires, aux séminaires ou aux groupes de sportifs en
déplacement. Le personnel a pris de l'âge en
même temps que les piscines se vidaient, que les jardins
s'asséchaient, que la plomberie s'engorgeait de
détritus divers ou que la moquette aux spirales
psychédéliques pourrissait. Bref, la
dégradation et l'ennui s'installaient tout doucement…
Aujourd'hui, à de rares exceptions près, ces
hôtels sont devenus plutôt sordides et le service
très aléatoire. Quand les bouteilles aux
étiquettes pâlies du bar sont devenues invisibles sous
le regard de quelques habitués "qui font vivre le commerce",
les couloirs et les chambres ne sont plus hantés par
beaucoup. Au restaurant, presque toujours vide et froid, la carte
ne propose que des plats bien mieux traités dans le
boui-boui du coin… En bref, ces hôtels
dégradés et vidés de leur clientèle
sont devenus une charge et certains d'entre eux ne sont pas
près de trouver repreneur dans le cadre de leur
privatisation. Mais comme ils sont quelquefois la seule
possibilité de logement, vous aurez peut-être
l'occasion d'en découvrir un. Mieux vaut être
prévenu… Quelques établissements ont cependant
mieux vécu la "désertification" et s'en tirent un peu
mieux que leurs confrères. Et, l'arrivée tant
espérée de touristes encourageant les initiatives
privées, gageons que de nouveaux établissements vont
voir le jour et diversifier bientôt l'offre
touristique.
Inch'allah, bismillah et
el-hamdoulillah
Les trois expressions font référence à Dieu.
Inch'allah, "par la grâce de Dieu", que vous entendrez
très souvent termine la plupart des phrases impliquant un
projet ("A demain ! – Inch'allah !"). Cette expression de
soumission à la volonté divine façonne la
mentalité musulmane et peut devenir inquiétante pour
les esprits naturellement anxieux parce que, finalement,
n'implique-t-elle pas que quelque chose peut venir perturber nos
plans humains ? Bismillah, "au nom de Dieu", ponctue les
prières. C'est aussi ce qu'on dit en commençant un
repas, comme une bénédiction. El-Hamdoulillah,
"grâce à Dieu", est l'expression de la reconnaissance
envers ses bienfaits.
Hittistes
"Ceux qui tiennent le mur" (hit = mur). Le terme est apparu dans
les années 1980 et désignait les jeunes hommes
désœuvrés en attente d'un petit boulot à
défaut d'un job voire d'un travail…
Hospitalité
"Ô, toi qui passes le seuil de ma porte, tu es le
maître et je deviens ton serviteur", enseigne un vieux
dicton. Sans bornes et désintéressée,
l'hospitalité algérienne se manifeste d'abord par
l'invitation à boire le thé, un rituel auquel vous
n'échapperez pas dès lors que vous sortirez des
sentiers battus, à manger des petits gâteaux ("Vas-y
sers-toi ! – Merci, je n'ai pas faim. – Mais si, il
faut manger !"). Dans le Sud, les dattes et le verre de lait
précèdent quelquefois le thé ou le repas
offert à l'hôte de passage. Les Algériens
ouvrent leur porte avec une rapidité déconcertante et
quelquefois gênante et il s'agit de ne pas en profiter et de
s'en montrer digne.
Imazighen (Berbères)
Dérivé du nom "barbare", d'origine grecque, d'abord
donné par les Romains à tous les peuples conquis puis
par les Européens qui appelaient Barbaresques les habitants
de la côte de la Barbarie, le nom Berbère
désigne aujourd'hui les peuples du Maghreb présents
à l'arrivée des Phéniciens. De cette
époque datent les premiers témoignages écrits
de leur existence. L'origine de ces peuples reste très
énigmatique lorsqu'elle n'est pas totalement
méconnue. Probablement venus à diverses
époques par vagues successives du Moyen-Orient, ils ont peu
à peu investi tout le Maghreb et quelques-uns ont fait
souche aux îles Canaries mais ceux qui nous sont les plus
"familiers", par le fait qu'ils commerçaient avec les
Carthaginois, puis furent annexés par les Romains, sont les
Numides, peuple d'agriculteurs sédentaires. Les plus
énigmatiques d'entre eux restent les peuples du Sahara, en
particulier les ancêtres des Touaregs, dont les origines
paraissent insaisissables, les uns soutenant la thèse de
Berbères du Nord et de la côte Atlantique
chassés par les multiples invasions, les autres, celles de
tribus nomades venues de la péninsule arabique…
Aujourd'hui, les Berbères – Kabyles au nord, Chaouis
dans les Aurès ou Touaregs dans le Grand Sud – qui
revendiquent leur langue (tamazight, chaouïa ou tamachek pour
les Touaregs) et leur culture propres qu'ils ont toujours
défendues âprement de leurs montagnes ou plaines
sahariennes préfèrent le terme Imazighen (au
singulier Amazigh), "hommes libres".
Indépendance
On ne peut comprendre la société algérienne si
l'on occulte cette partie de son histoire moderne : elle l'a
façonnée tant par les nombreuses marques
laissées par cent trente-deux années de
présence française que par la guerre
d'Indépendance qui y a mis fin et par le rêve
révolutionnaire qui s'est brisé sur la course au
pouvoir dans les années qui ont suivi.
Kabyles
Ulac smah ulac, "aucun pardon aucun", "jamais aucun pardon" ou
macach smah macach, les Kabyles n'oublient pas les morts de 2001 et
ne se soumettront pas, tel est le message qu'ils veulent faire
passer à ceux qui au nom de ce qui ressemble à une
"dékabylisation" assassinent leurs enfants qui
réclament juste le droit d'être et maintiennent la
région dans un perpétuel bouillonnement. Les Kabyles,
pas plus haineux que les Arabes dont ils parlent la langue et
partagent la religion, réclament justice ainsi que le droit
de perpétuer leur "imazighenité" et de participer
pleinement à la Nation algérienne pour laquelle ils
se sont aussi battus et dont ils restent fiers, même s'ils
ont quelquefois tendance à se dire Kabyles avant
d'être Algériens.
Khôl
La préparation et l'utilisation du khôl
répondent à une tradition millénaire et
très rituelle. A la fois collyre protégeant les yeux
de diverses agressions et affections ("il fortifie la vue et fait
pousser les cils" selon le Coran) et fard qui a élevé
le regard des femmes du Maghreb et d'Orient au rang de mythe, sa
préparation varie selon la région et les
ingrédients dont on dispose. Mélange à base de
sulfure d'antimoine additionné de grains de poivres, de
clous de girofles ou de noyaux de dattes grillés, d'armoise,
de safran et de bois de laurier-rose, soit beaucoup
d'ingrédients toxiques, on le fait reposer avant de le cuire
et de le piler dans un mortier de cuivre et enfin de le tamiser. Le
khôl est conservé dans la moukihla, un petit
étui de cuir décoré ou une fiole de bois, de
métal ou d'argent ciselé. Il est appliqué
à l'aide du marwid, un bâtonnet de bois ou d'argent
taillé en pointe, glissé d'un bout à l'autre
de l'œil fermé.
Koubba
A l'origine, la koubba désignait une coupole qui dominait un
bassin à ablutions ou un tombeau. Par extension, le terme
désigne aujourd'hui les marabouts ou les tombeaux
surmontés d'un dôme.
Ksar
Le ksar (pluriel : ksour) est un village fortifié construit
généralement en pisé, consolidé par des
poutres en troncs de palmiers, et dont les murs nus forment un
rempart contre les agressions climatiques et physiques. Chaque ksar
possède des tours fortifiées, édifiées
de chaque côté de terrasses à ciel ouvert sur
lesquelles se déroule une bonne partie de la vie sociale
paysanne et où on entrepose les grains afin qu'ils
sèchent au soleil. Les murs du ksar sont percés de
minuscules fenêtres et l'entrée se fait par la
façade, défendue par une barbacane. Erigés sur
des collines souvent dépourvues de sources, ils sont presque
tous désertés par des habitants qui lui
préfèrent la modernité des maisons plus
récentes. Les plus beaux ksour se trouvent dans le Gourara,
dans la région de Timimoun et sont restaurés petit
à petit, notamment grâce au soutien d'associations
européennes et du Pnud, un fonds de l'Onu.
Langue
Historiquement, le berbère (tamazight) est la plus ancienne
langue parlée. Son origine, peut-être punique ou
lybique, est aussi discutée que celle de ceux qui le
parlent. On estime qu'environ 30 % de la population est
berbérophone, entre les Aurès, la Kabylie, la
région de Tlemcen et le Grand Sud avec les Touaregs. Le
tamazight s'est longtemps maintenu au seul sein des familles et
n'était qu'oral mais la découverte dans le sud du
tifinagh, une façon ancienne d'écrire le
berbère, a relancé l'intérêt pour cette
langue.
Durant l'Antiquité, seuls les lettrés
possédaient la langue des Romains. A partir du VIe
siècle Ce furent d'abord les musulmans qui forcèrent
les Berbères à apprendre leur langage en même
temps qu'ils devaient se convertir à l'islam. Avant
l'arrivée des Français, la langue turque était
celle du gouvernement, des militaires et de l'appareil judicaire
mais la rue parlait l'arabe ou le berbère avec des
variations selon les régions. On communiquait avec
l'Européen au moyen d'une langue qu'on appelait "mauresque"
ou "franke", un mélange d'espagnol, d'italien, de
français et de différents dialectes locaux. Puis, le
français devient la langue administrative et commerciale
apportée par les colons. L'arabe et le berbère sont
alors relégués à l'arrière-plan, voire
niés, jusqu'à devenir le symbole de la
résistance à l'occupant.
Au début des années 1970, les gouvernements ont
imposé l'"arabisation" du pays. Mais les instituteurs et les
cadres de l'enseignement n'ayant aucune expérience
puisqu'ils avaient toujours enseigné en français, on
a fait venir des Egyptiens, rarement pédagogues mais souvent
membres des Frères musulmans, pour prendre le relais. Gros
problème : la langue utilisée en Egypte est
très différente de l'arabe parlé en
Algérie et, peut-être par rejet, le français
s'est maintenu dans les foyers et la rue pour rester la langue
véhiculaire.
Depuis juillet 1998 – c'est très récent
–, l'arabe est l'unique langue officielle de
l'Algérie. On a du mal à y croire parce que presque
tous les textes et annonces publics sont systématiquement
doublés en français, quelquefois seulement en
français. Même si les jeunes parlent moins le
français, ou ne le lisent pas, les générations
précédentes ont bien souvent du mal à lire
l'arabe et sont plus à l'aise avec le français. Le
français, donc, reste encore très présent,
surtout dans les classes aisées, et vous n'aurez aucun mal
à vous débrouiller si vous ne parlez que le
français. Quelques aberrations subsistent dans
l'organisation du pays : l'enseignement se fait en arabe jusqu'au
bac, alors que quelques filières universitaires ne sont
assurées qu'en français, d'autres seulement en
arabe.
Il y a peu, le Conseil des ministres a décidé
d'introduire le tamazight dans le système éducatif,
en tant que langue nationale, et de prendre en compte "la dimension
culturelle amazigh dans le programme des enseignements des sciences
sociales et humaines à tous les niveaux du système
éducatif". Quelques mois plus tard, Bouteflika sommait les
écoles privées de revenir à
l'arabe…
Vous remarquerez que les discussions sont ponctuées de tant
de mots français que, sans comprendre l'arabe, on a parfois
le sentiment de suivre ce qui se dit. C'est le cas notamment des
adverbes, des locutions ou des mots techniques qui n'ont pas
d'équivalent. Certains mots français ont
été adaptés par le "francarabe", comme taxieur
pour chauffeur de taxi. Et vous en découvrirez bien d'autres
au cours de votre voyage…
Mauvais œil et
talismans
Sur les portes, le heurtoir était traditionnellement en
forme de main, la main du bonheur qu'on retrouve avec la main de
Fatma (khemsa). Si les cinq doigts de la main évoquent les
cinq prières quotidiennes de l'islam, le symbole a pourtant
touché toutes les communautés qui ont vécu en
Algérie et on la retrouve partout. Pour combattre le maz'ra
(mauvais œil) ou la scoumoune (malchance) et pour attirer la
baraka, chacun a sa méthode : rites, gri-gri, fumigations
odorantes, bénédictions, prières au marabout
du coin, henné et khôl, etc.
Marchandage
Cette pratique possède de bons côtés car elle
pousse au contact et à la discussion. Le but étant
d'arriver à un bon prix qui fasse autant plaisir au marchand
qu'à vous-même, il ne faut jamais raisonner en termes
de bénéfices. De toute façon, si le marchand
vous vend un produit, c'est qu'il y gagne aussi quelque chose. Ne
vous demandez pas si vous auriez pu descendre plus bas. Essayez
tout de même de vous renseigner avant, pour connaître
la fourchette de prix du produit que vous souhaitez acheter. Enfin,
règle d'or, si vous proposez un prix et que le marchand
l'accepte vous devez payer. Encore une fois, c'est l'honneur qui
est en jeu. Sinon vous n'êtes jamais obligé de payer,
même sous la menace du marchand. Ne vous laissez pas
influencer, soyez fier d'acheter.
Medersa
Les medersas sont les écoles coraniques autrefois
chargées de l'éducation des étudiants en
théologie, en histoire ou en sciences. Ces
"universités coraniques" furent implantées dès
le XIIe siècle, souvent situées près des
mosquées et leur architecture repose traditionnellement sur
une vaste cour rectangulaire à ciel ouvert, pourvue d'un
large bassin à ablutions et d'un déambulatoire. A
l'extrémité de cette cour, la salle de prière
(haram) est souvent un pur joyau de décoration. Les murs
sont généralement très hauts et coiffés
d'un toit de tuiles vertes en forme de pyramide. A l'étage,
les chambres sont de petites cellules où s'entassaient les
étudiants.
Mosquée
Mosquée (djemâa ou djamâa, en arabe) signifie le
"rassemblement". C'est donc l'endroit où l'on se rassemble
pour une prière collective. Chaque quartier possède
la sienne, plus ou moins récente, plus ou moins bien
décorée. En dehors des prières, la visite des
mosquées est en principe autorisée aux non-musulmans
mais par mesure de précaution demandez toujours si vous
pouvez entrer. Dans tous les cas, une tenue correcte est
impérativement exigée et ôtez vos chaussures
à l'entrée. Chaque mosquée est composée
d'une cour intérieure au centre de laquelle se trouve le
bassin à ablutions.
Face au mur de prière (qibla), orienté vers l'orient,
les fidèles s'alignent pour prier ensemble devant le mihrab,
niche creusée dans la qibla et indiquant la direction de La
Mecque. Le minbar, la chaire à prêcher où
officie l'imam, peut être excentré ou situé
devant le mihrab. L'Algérie compte de nombreuses belles
mosquées (Tlemcen, Alger, etc.), la plus grande étant
celle de l'Université Abdelkader des sciences islamiques
édifiée au début des années 1980
à Constantine.
Musique
La musique tient une place fondamentale dans la vie quotidienne
algérienne. Elle rythme presque tous les
événements, heureux ou malheureux, depuis les temps
les plus reculés. Selon les villes et les régions, la
musique prend des formes multiples qui, en dehors des styles les
plus connus (arabo-andalouse et malouf, chaâbi,
raï…), sont un peu difficiles à
reconnaître par nos oreilles profanes.
Mirage
Dans les zones désertiques, aux heures les plus chaudes de
la journée, on peut être grugé par l'apparence
trompeuse d'une nappe d'eau située dans le lointain, alors
qu'il ne s'agit en fait que d'un phénomène optique
proche de la perfection. Celui qui n'a pas eu la chance
d'être confronté directement à un mirage, en a
certainement entendu parler, sans aller jusqu'à certaines
représentations caricaturales de ce phénomène,
vues dans des films ou des bandes dessinées, pas toujours
conformes à la réalité.
Contrairement à une idée reçue, les mirages ne
sont pas une exclusivité des déserts, ils peuvent
également se produire sur la banquise ou en mer. La cause en
est la superposition de couches d'air de températures
différentes. L'illusion d'optique est entretenue par une
densité inégale à l'intérieur de ces
couches d'air, et par une réflexion intégrale des
rayons lumineux. La conséquence visuelle se traduit par le
fait que des objets éloignés vont avoir plusieurs
images inversées ou superposées et plus ou moins
tremblantes.
Nif
Le mot désigne le nez, siège de l'honneur, de la
fierté, de l'orgueil qui frise souvent la grande
susceptibilité… Il faut juste le savoir ! La
prochaine fois, nous vous parlerons de la rejla…
Nomades
La vie nomade a été le mode de vie traditionnel d'une
bonne partie de l'Algérie, depuis les temps les plus
reculés jusqu'aux débuts de la sédentarisation
dans les années 1960. Les gravures rupestres du Tassili
N'Ajjer témoignent du mode de vie pastoral et nomade d'un
peuple qui serait l'ancêtre des Peuls du Sahel.Ceux-ci
se seraient réfugiés plus au sud lors de la
désertification des savanes. De nos jours, il n'y a plus
beaucoup de nomades "à temps plein". Les Chaambas sont
devenus sédentaires, les Touaregs aussi mais c'est
peut-être la nostalgie d'une vie organisée autour de
la caravane des chameaux, des troupeaux de chèvres et de la
kheima (tente) qu'on démontait quand il n'y avait plus
d'herbe qui fait choisir à certains de travailler avec des
touristes.
Oasis
C'est le lieu de la vie au milieu du néant
désertique, le refuge des palmeraies, jardins et ksour
grâce au miracle de l'eau sans lequel aucune vie n'est
possible. L'eau précieuse est canalisée et
répartie grâce à d'ingénieux et
ancestraux systèmes. Les palmiers protègent les
arbres fruitiers et les cultures maraîchères de
l'ardeur du soleil. A côté de ces jardins tranquilles,
sont construits les ksour aux maisons de terre ocre. Quand on sait
que le mot oasis décrit au sens figuré un lieu de
calme et de paix, un refuge, on peut se faire une idée de
l'atmosphère de ces jardins protégés par le
couvert d'une palmeraie. Malheureusement, en raison d'une mauvaise
irrigation ou d'inondations incontrôlées qui font
remonter le sel à la surface du sol ou tout simplement par
manque d'entretien, beaucoup de palmeraies
dépérissent et offrent un triste visage au
promeneur…
Parabole
Image saisissante, quelles que soient la région et la ville
d'Algérie dans laquelle on se trouve, chaque immeuble
possède depuis 1986 sa façade aux fenêtres ou
balcons régulièrement frangés de paraboles,
toutes orientées de manière à capter Eutelsat
et les chaînes étrangères qu'on regarde en
priorité. Dans le Grand Sud, il n'est pas rare de voir des
paraboles d'un diamètre si important qu'on croirait les
toits et les jardins transformés en stations de
communication.
Pétrole
Principale ressource algérienne (presque 97 % des
rentrées de devises), le pétrole et le gaz sont
directement acheminés des puits du sud par pipeline
jusqu'aux raffineries des villes portuaires (Arzew et Bejaïa)
où ils sont transformés puis envoyés vers
l'Europe ou redistribués dans le pays. D'où des
difficultés d'approvisionnement en carburant dans le Grand
Sudpourtant producteur et de longues files d'attente à
Tamanrasset ; situation que vivent mal les habitants. La compagnie
nationale d'exploitation du pétrole est la Sonatrach et
l'enseigne nationale orange des stations-service est Naftal.
Pieds-noirs
On connaît d'eux leur accent souvent imité voire
grossièrement parodié, une certaine grandiloquence ou
le couscous et l'anisette ; on sait aussi qu'un tel du monde des
affaires ou du spectacle est né "là-bas" dont ils
parlent jusqu'à l'écœurement ou taisent
pudiquement. Mais les Pieds-noirs, ce sont aussi des familles
souvent modestes qui se sont un jour de 1962 retrouvées sur
le quai d'un port ou le tarmac d'un aéroport quand ils
avaient pu prendre le dernier avion, avec pour bagages la peur de
l'avenir et, pour beaucoup, l'obligation de repartir à
zéro. Souvent accusés d'être des "fauteurs de
guerre" ou d'avoir profité du système colonial alors
que la plupart d'entre eux vivaient avec des revenus de 15 %
inférieurs à ceux des "Français de France",
ils ont entretenu leur mémoire au travers d'un milliers
d'associations et d'amicales. Si quelques-uns sont restés
après 1962, les autres ont longtemps hésité
à revenir.
Depuis deux ans cependant, ils sont de plus en plus nombreux
à participer à des voyages de retour aux sources et
regretter de ne pas avoir franchi la Méditerranée
plus tôt…
Police
Qu'ils surveillent les entrées des villes, règlent la
circulation ou gardent les édifices publics, qu'ils portent
ou pas un uniforme (bleu nuit pour la police et kaki pour
l'armée ou la gendarmerie), les agents de
sécurité sont omniprésents dans tous les
recoins du pays et même dans le désert où ils
se font accompagner par des guides touaregs. En ce qui concerne la
circulation qui vous paraîtra folle, les règles sont
pourtant strictes – pas de téléphone portable
au volant, ceinture obligatoire, etc. – et en cas de
manquement, vous aurez peut-être du mal à attendrir
l'agent qui vous a fait ranger sur le bas-côté.
Polygamie
D'après les poètes libertins occidentaux, ce vieux
fantasme nous vient de l'Orient. Quoi qu'il en soit, il faut savoir
que la polygamie – introduite en Algérie par les
Ottomans – répond à une tradition
codifiée par le Coran et n'est autorisée par la
religion qu'à condition que les épouses de l'heureux
homme soient bien traitées dans tous les domaines ("Epousez
comme il vous plaira deux, trois ou quatre femmes. Mais si vous
craignez de n'être pas équitable, prenez une seule
femme", dit le Coran, IV, 3) et que les premières
épousées donnent leur accord. Depuis la
réforme, minime, du Code de la famille, un juge doit ajouter
son accord à celui des autres femmes.
Ramadan
Pendant toute la durée du carême, l'un des cinq
piliers de l'islam dont les dates de début et de fin sont
basées sur la position de la lune, tout musulman en
âge et en bonne santé doit jeûner depuis le
lever jusqu'au coucher du soleil, "jusqu'à l'heure où
l'œil ne distingue plus un fil blanc d'un fil noir". Pendant
toute cette période, toute l'Algérie vit au rythme de
la préparation du repas du soir et de la nuit et
déploie toutes ses talents et son savoir-faire culinaire,
chaque repas devenant une cérémonie ou doivent
figurer nombre de plats traditionnels régionaux. On rompt
généralement le jeûne (f'tour) avec un verre de
lait et des dattes ou un morceau de kesra juste
préparée et encore chaude. Suivent tout au long de la
soirée et de la nuit de multiples plats différents
dont la chorba (soupe), accompagnée de briks (à la
viande, au thon…), de plats de viande et de légumes
safranés et de ragoûts divers. Figurent aussi en bonne
place des plats du ramadan le couscous, la tchatchoukha et bien
sûr les pâtisseries dont le kalb ellouz automatiquement
servi avec le thé du soir. Le ramadan se termine par la
fête de l'Aïd El-Fitr, où la coutume veut que
chaque famille prépare ses recettes de gâteaux et les
partage avec l'entourage auquel on rend visite durant toute la
durée de la fête. Saha ftourkoum ! Saha ramdhankoum !
"Bon appétit ! Bon ramadan !"
Sahara
"J'ai eu la chance de rencontrer le désert, ce filtre, ce
révélateur. Il m'a façonné, appris
l'existence. Il est beau, ne ment pas, il est propre.C'est
pourquoi il faut l'aborder avec respect. Il est le sel de la Terre
et la démonstration de ce qu'ont pu être la naissance
et la pureté de l'homme lorsque celui-ci fit ses premiers
pas d'Homo erectus." Théodore Monod, le Chercheur d'absolu,
Le Cherche-Midi, 1997.
S'étendant sur 5 200 kilomètres, de l'océan
Atlantique, à l'ouest, à la mer Rouge, à
l'est, et sur 1 500 kilomètres, des abords de la
Méditerranée, au nord, au Sahel au sud, c'est le plus
grand désert du monde avec environ 9 millions de
kilomètres carrés, soit quinze fois la superficie de
la France. Le Sahara occupe presque 90 % de la surface du
territoire algérien.
Ce désert, jadis fertile, s'étend chaque jour un peu
plus, principalement vers le sud. L'eau est présente dans le
sous-sol à de nombreux endroits, le problème
étant la captation de cette manne salvatrice, souvent
très profonde. Là où l'eau affleure, les oasis
émergent du désert. Les précipitations
très faibles, voire nulles dans certains endroits, ne
permettent que l'apparition d'une faune et d'une flore
particulièrement bien adaptées à ces
conditions draconiennes. Mais il suffit d'une averse pour que des
graines apportées par le vent germent et prennent racine
dans le sable.
Le relief du Sahara algérien est très marqué.
L'amplitude thermique y est très importante, les
températures diurnes peuvent dépasser 50 °C en
été alors qu'il peut geler l'hiver au-dessus de
Tamanrasset. Le sous-sol est assez riche avec des gisements
importants de pétrole en Algérie et en Libye, de
phosphates au Sahara occidental et de fer en Mauritanie.
Salam aleikoum
Salutation arabe indispensable qui signifie "que la paix soit avec
toi" et à laquelle on répond aleikoum salam. Suivent
labès ?, "ça va ?" et les traditionnelles questions
sur la santé, la famille, les affaires… Pour se
saluer, on se serre la main avant de porter la main au cœur ;
on se donne l'accolade ou on s'étreint chaleureusement entre
personnes du même sexe. Les salutations peuvent durer et il
n'est pas question de sauter directement au but de la discussion.
Il est d'usage de saluer les plus âgés en premier. Les
autres formules les plus fréquentes sont bakheir, saha ou
mrahva yissouen en arabe et azul ou azul amiss tmuzrha en
tamazight. En quittant un endroit, les Kabyles disent arthlifath ou
arthim lee leeth.
Sécurité
Mot-clé parce que c'est la première et presque
l'unique question qu'on se pose en imaginant un voyage en
Algérie. Le pays est classé parmi les moins
sûrs – le ministère français des Affaires
étrangères déconseille de se rendre en
Algérie "sauf raisons professionnelles impératives"
– mais on oublie un peu que près de 33 millions
d'Algériens y vivent et que la plupart de ceux qui ont
choisi de s'installer à l'étranger y reviennent
chaque été. Jusqu'à il y a peu, les
Européens qui s'y rendaient pour travailler étaient
souvent accueillis dans des hôtels dits
sécurisés et encadrés lors de leurs
déplacements, ce qui leur donnait peu l'occasion de se
rendre compte de la situation qui, si elle a effectivement
été grave et incontrôlée dans les
années 1990, a beaucoup changé depuis bientôt
cinq ans. On circule tout à fait normalement dans les villes
y compris dans les grandes, avec une petite réserve
évidente pour les banlieues ; on a recommencé
à se déplacer de nuit même si on a
conservé l'habitude d'allumer le plafonnier de la voiture
pour se faire reconnaître des policiers quand on les croise,
on peut emprunter les transports en commun et le pire qui puisse
arriver est de passer inaperçu…
Dans ce qu'on appelle le Grand Sud, des mesures énergiques
ont été prises depuis l'enlèvement d'une
trentaine de touristes européens au printemps 2003, non
seulement pour rassurer les futurs visiteurs mais aussi pour ne pas
laisser prise aux rumeurs et contre-rumeurs qui ont foisonné
faute de meilleure information.
Alors, si la question de la sécurité ne doit pas
être un frein à vos envies, il convient cependant de
préparer votre voyage en réservant des nuits
d'hôtel pour avoir un point de chute et en prenant contact
avec des agences de voyages locales sans hésiter à
leur poser des questions.
Si dans le Nord, les agents touristiques paraissent quelquefois
encore un peu "frileux", dans le Sud ils sont
réalistes… Une fois sur place, on peut se faire
accompagner en cas de doute et, comme partout, on doit prendre les
précautions d'usage face à la délinquance et
faire attention à son propre comportement parfois un peu
"voyant".
Sept
Le chiffre 7, sebba, est porteur d'une grande symbolique dans
nombre de cultures et on le retrouve aussi souvent dans la Bible
que dans le Coran qui évoque les sept cieux, les sept terres
ou les sept parties de l'enfer, etc. Les exemples peuvent
être multipliés au moins par sept. Ainsi, il y a sept
façons de lire le Coran et sept interprétations
possibles ; on tue un mouton sept jours après la naissance
d'un enfant qui reçoit en même temps son prénom
; les remparts des villes anciennes étaient souvent
percés de sept portes et on dit qu'après la fin du
monde sept villes du Maghreb (Tunis, Ténès, Tiaret,
Tlemcen, Taza, Tetouan et Taroudan) resteront debout…
Souk
Le marché est dans la tradition musulmane le centre de la
cité avec la mosquée. En Algérie, le souk est
avant tout un marché qui n'a souvent pas grand-chose
à voir avec ce que les touristes connaissent au Maroc ou en
Tunisie, le tourisme étant ici encore trop peu
visible.
Touriste
L'espèce a failli disparaître – on signale
pourtant quelques groupes d'individus dans le Sud – suite
à plusieurs conflits, à des actes terroristes, des
enlèvements et à la crainte d'être mal
accueilli… Leur retour semble très attendu par les
Algériens qui, en dehors de la manne reçue en
période de migration, espèrent beaucoup des
échanges qui ne manqueront pas de suivre.
Trabendo et "import/import"
Trabendo est le terme "francarabe" pour la contrebande,
endémique en Algérie comme le piratage
(télévision, téléphone, etc.) et plus
ou moins tolérée par les autorités puisqu'elle
ne fait en quelque sorte que pallier certaines carences de
l'économie formelle sur laquelle pèsent de lourdes
contraintes administratives et un contrôle des changes
très strict. Cigarettes et produits de toutes sortes,
électroménager, pièces détachées
pour voitures, vêtements et même alimentation ou
produits d'hygiène, garnissent ainsi "tabliers" et
épiceries et construisent de nouvelles fortunes alors qu'un
grand nombre de personnes n'ont pas les moyens de s'offrir ces
marchandises. On appelle aussi ces nouveaux riches les barons de
"l'import/import", une expression du cru, puisqu'avec 95 % des
rentrées de devises dues aux produits pétroliers,
l'activité d'exportation de produits algériens est
minime, voire inexistante.
Visa
J'avais décidé de rejoindre ma bien-aimée
– Honte à vous, vous m'avez peiné – Vous
avez été jusqu'à me priver du visa –
Vous voulez ma mort ou quoi ? – Je vais me saouler et tout
casser – Pourquoi cette injustice – Alors que mon
passeport est valide – Et que je ne tiens pas à faire
des histoires – Au nom de Dieu, je veux juste voir ma
bien-aimée – Ne serait-ce que pour une heure et je
reviens – Donnez-moi ce visa, elle me manque trop – Je
vous le demande gentiment – Je ne cherche pas d'esclandre
– Mon Dieu, même ici "je n'ai pas de chance" – Il
me reste cet obstacle à franchir – Pour retrouver mon
amour en France (traduction Rabah Mezouane) chantait Cheb Hasni en
1993 dans la chanson le Visa. Jusque dans les années 1980,
les Algériens étaient des citoyens du monde comme les
autres qui pouvaient circuler, visiter ou faire leurs études
dans d'autres pays sans trop de problèmes. Soumis à
une forte suspicion de la part de la communauté
internationale depuis les années 1990 et le début du
terrorisme, renforcée lorsque celui-ci a touché la
France, l'obtention d'un visa est devenue un véritable
parcours du combattant dont il faut connaître les
règles qui changent de jour en jour, sauf celle de la file
d'attente devant le consulat qui est immuable. Reste qu'il est
devenu très difficile pour un Algérien d'organiser un
voyage qu'il soit pour affaires ou d'ordre privé parce qu'en
général il n'obtient une réponse que quelques
jours avant la date prévue de son départ.
Youyou
Semblant venir de la nuit des temps, les youyous (zerarit en
tamazight) des femmes voilées ont excité
l'imagination du voyageur occidental parcourant le nord de
l'Afrique. Ces stridulations vocales qui signalent les
réjouissances (fêtes familiales, mariages, naissances,
fêtes religieuses, célébrations…)
accompagnent aussi de nos jours les chants folkloriques
berbères et arabes. En cas de risque de youyou, mieux vaut
éloigner ses oreilles de la bouche qui va le
lancer…
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